25.02.2008
CUBA:Les hommes de Raul Castro
En succédant à son frère aîné Fidel, le général Raul Castro est devenu, dimanche 24 février, le nouveau président de Cuba.
Voici la liste des hommes de son entourage.
Numéro deux :
José Ramon Machado Ventura est membre du Bureau politique du Parti communiste cubain (PCC). Médecin de profession, il est l'un des dirigeants "historique" de la vieille garde qui occupe depuis 1990 le poste stratégique chef de Département à l'organisation du PCC. Agé de 77 ans, il est député depuis la création du Parlement en 1976 et désormais Premier vice-président du Conseil d'Etat.
Tenant de la "ligne dure" au sein du PCC, il s'est battu dans la guérilla de Sierra Maestra (1956-1958), sous les ordres de Fidel Castro, Ernesto "Che" Guevara et Raul Castro. Ministre de la Santé (1960-1967).
- Le chef du Parlement :
Reconduit dimanche pour quatrième mandat, Ricardo Alarcon, 70 ans, est à la tête du Parlement depuis 1993. C'est un universitaire et diplomate reconnu pour sa connaissance des affaires politiques des Etats-Unis. Membre du Parti communiste et de son Bureau politique, Il a été ambassadeur aux Nations unies, vice-ministre et ministre des Relations extérieures.
- Ministre de l'Intérieur :
Aberlardo Colomé Ibarra, général de Corps d'armée, 68 ans, a été reconduit à la tête de ce puissant ministère. Ce député est l'un des plus jeunes de la vieille garde. Chef des troupes cubaines en Angola en 1975 et vice-ministre des Forces armées (FAR) jusqu'en 1989, date à laquelle Fidel Castro lui a confié le portefeuille de l'Intérieur.
- Ministre des Relations extérieures :
Felipe Perez Roque, 42 ans, a également été reconduit à son poste. Ancien secrétaire personnel de Fidel Castro, il est l'une des figures des "talibans" de la "troisième génération" de la révolution. Ingénieur électronique, député au Parlement depuis 1986, il est membre du Conseil d'Etat. Formé par Fidel Castro il est ministre des Relations extérieures depuis 1999, en remplacement de Roberto Robaina.
- Chef d'Etat major :
Alvaro Lopez Miera, 65 ans, est Général de Division. ce poste constitue une promotion pour ce "héros de la République" et membre du Comité Central du Parti communiste depuis 1980. Il a été un des chefs militaires de la campagne d'Angola. Il remplace à la direction de l'Etat-major Ulises Rosales, nommé ministre du Sucre il y a cinq ans.
- Chef du département des relations internationales du PCC :
Fernando Remirez de Estenoz, médecin et licencié en Sciences sociales, est à 55 ans, un autre "nouveau" au Conseil d'Etat. Très proche de Carlos Lage, l'un des vice-présidents, Il a été vice ministre des Relations extérieures, chef de la représentation de Cuba aux Nations unies et du Bureau des intérêts cubains aux Etats-Unis. Il est l'actuel chef du Département des relations internationales du Parti communiste et membre de son secrétariat.
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21.02.2008
Bush: pas de nouvelles bases militaires américaines en Afrique
Happé par le Kosovo et Cuba durant sa tournée africaine d'une semaine, George W. Bush est malgré tout parvenu mercredi à recentrer son voyage continental en assurant au Ghana que les Etats-Unis n'avaient pas l'intention d'implanter de nouvelles bases militaires en Afrique.
"Nous n'envisageons pas d'ajouter de bases", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse avec le président ghanéen John Kufuor, alors que de nombreux pays africains sont inquiets de la volonté des Etats-Unis de transférer le Commandement militaire africain (Africom), actuellement installé en Allemagne, en Afrique.
M. Bush a usé d'un langage très imagé pour mieux convaincre ses hotes. "Je sais qu'il y a des rumeurs au Ghana selon lesquelles Bush ne vient ici que pour convaincre d'installer une grosse base américaine. C'est de la foutaise. Ou comme on dit au Texas : bullshit!", s'est-il écrié.
"Cela ne veut pas dire que nous n'allons pas développer une sorte de présence en Afrique. Nous n'avons pas encore décidé. C'est un concept nouveau", a-t-il poursuivi lors de l'avant-dernière étape de sa tournée qui l'a déjà conduit au Bénin, en Tanzanie et au Rwanda et qui s'achèvera au Liberia.
M. Kufuor a de son côté déclaré que les explications de M. Bush "tordaient le coup une bonne fois pour toutes" aux rumeurs sur de prétendues intentions miltaires cachées du gouvernement américain.
De nombreux pays, dont le Nigeria, se sont déclarés opposés à une présence militaire directe des Etats-Unis sur le continent.
Huitième producteur mondial de brut et cinquième fournisseur des Etats-Unis, le Nigeria a officiellement refusé l'idée d'installer l'Africom chez lui ou "sur le sol africain".
Depuis près d'un an, Washington a multiplié les missions de hauts fonctionnaires en Afrique pour "vendre" cette idée et rassurer sur ses intentions.
Les détracteurs africains du projet semblent persuadés que Washington cherche en fait à sécuriser par la force son approvisionnement énergétique, sachant que d'ici à 2015 un quart de ses importations pétrolières proviendront d'Afrique, et notamment du golfe de Guinée.
M. Bush a rejeté ces critiques. "Il - l'Africom - s'agit seulement d'une structure de commandement, visant à aider à fournir une assistance aux pays d'Afrique, de sorte que ces pays soient mieux préparés à résoudre les conflits d'Afrique, par exemple en fournissant une formation au maintien de la paix", a-t-il affirmé.
"Je veux dissiper l'impression que soudainement l'Amérique voudrait débarquer toutes sortes d'éléments militaires. Ceci n'est tout simplement pas vrai. Le seul objectif de l'Africom est d'aider les responsables à traiter des problèmes africains", a-t-il souligné.
La seule base militaire permanente dont disposent actuellement les Etats-Unis en Afrique est Camp Lemonier, à Djibouti, un ancien quartier-général de la Légion étrangère française où sont actuellement stationnés quelque 1.800 militaires américains.
Les Etats-Unis ont choisi Djibouti après les attentats du 11-Septembre, pour y installer une coalition internationale contre le terrorisme, ayant a l'origine pour mission d'empêcher d'éventuels membres du réseau d'Al-Qaïda fuyant l'Afghanistan et le Pakistan de trouver refuge dans la région.
Djibouti a proposé d'accueillir le QG d'Africom, qui mène pour l'instant ses opérations de Stuttgart sous la direction du commandement américain pour l'Europe.
A Accra, où il devait être l'hôte d'un grand dîner officiel mercredi, George Bush a également tenu à dissiper l'idée d'une rivalité féroce entre la Chine, avide de matières premières et de pétrole, et les Etats-unis en Afrique.
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19.02.2008
Fidel Castro renonce à la présidence de Cuba
Fidel Castro a annoncé mardi qu'il renonçait à la présidence de Cuba, mettant un terme à près d'un demi-siècle de pouvoir sans partage, dans un "message à ses compatriotes" publié dans l'édition électronique de Granma, organe officiel du régime.
"Je n'aspirerai ni n'accepterai --je répète-- je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de Président du Conseil d'Etat et de Commandant en chef", écrit le président cubain, âgé de 81 ans et éloigné du pouvoir depuis bientôt 19 mois par la maladie.
Le message est signé de sa main et daté du 18 février à 17H30 (22H30 GMT).
"Le moment est venu de postuler et d'élire le Conseil d'Etat, son Président, vice-Président", écrit le leader cubain en référence à la convocation dimanche 24 février du parlement élu le 20 janvier qui se réunira pour désigner en son sein les plus hautes instances exécutives du régime communiste.
Dans son message à Granma, Fidel Castro souligne qu'il a eu "l'honneur de cette charge (président du Conseil d'Etat et donc chef de l'Etat cubain, NDR) pendant de longues années", depuis la nouvelle constitution de 1976. Il est le numéro un du régime depuis la révolution de janvier 1959.
"Connaissant mon état de santé critique, beaucoup pensaient à l'extérieur que le renoncement provisoire à la charge de Président du Conseil d'Etat le 31 juillet 2006, que j'ai laissée entre les mains du Premier vice-président Raul Castro Ruz, était définitif", ajoute Fidel Castro.
Le dirigeant cubain avait dû céder le pouvoir à cette date après une opération en urgence des suites d'une grave hémorragie intestinale.
"Plus tard, j'ai pu parvenir à nouveau à une maîtrise totale de mon esprit, j'ai pu lire et beaucoup méditer, forcé par le repos. Des forces physiques suffisantes pour écrire pendant de longues heures m'accompagnaient, que j'ai partagé avec la rééducation", ajoute le dirigeant cubain.
"Ma première obligation après tant d'années de lutte était de préparer (le peuple) à mon absence, psychologiquement et politiquement. Jamais je n'ai cessé de signaler qu'il s'agissait d'un rétablissement qui n'était +pas exempt de risques+", souligne-t-il dans son message.
Le vieux dirigeant cubain, qui n'est pas réapparu en public depuis le 26 juillet 2006, date de sa première opération, a connu depuis une longue convalescence et s'adresse aux Cubains principalement à travers des "réflexions" publiées dans la presse officielle depuis bientôt un an.
"Heureusement, notre processus compte encore avec des cadres de la vieille garde, unis à d'autres qui étaient plus jeunes quand a commencé la première étape de la Révolution", poursuit le dirigeant cubain dans son message.
"Le chemin sera difficile et requerra l'effort intelligent de tous", dit-il encore, avant de conclure: "Je ne vous fais pas mes adieux. Je souhaite combattre comme un soldat des idées. Je continuerai à écrire sous le titre "Réflexions du camarade Fidel". Ce sera une arme de l'arsenal avec lequel il faudra compter. Peut-être ma voix sera-t-elle entendue. Je serai prudent. Merci".
Célèbre dans le monde entier pour ses diatribes enflammées devant les foules, Fidel Castro, avec son éternel uniforme vert olive, sa barbe et ses cigares, a symbolisé le guérillero victorieux durant la guerre froide, avant de s'aliéner nombre de sympathies internationales, dont celles de l'Europe, pour son refus d'assouplir son régime.
Durant près d'un demi-siècle, le leader cubain qui s'est voulu, avec son compagnon Ernesto "Che" Guevara, le champion de l'exportation de la révolution communiste en Amérique latine, mais aussi en Afrique et même en Asie, a défié et tenu tête aux Etats-Unis.
Dix présidents à la Maison Blanche n'ont pu en venir à bout, malgré un embargo économique draconien, une tentative ratée de débarquement à la Baie des cochons en 1961 et maints complots pour l'assassiner.
Figure incontournable de la deuxième moitié du XXè siècle, Fidel Castro, dernier survivant de la génération des Nasser, Nehru, Tito, avait été élu symboliquement à la présidence du dernier sommet des Non-alignés à La Havane en septembre 2006.
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